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 9 [Chambre]

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Nilo
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Nilo

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MessageSujet: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/28/2011, 21:40

Je vous propose ici de décrire de manière imaginative votre chambre ou une chambre imaginaire (précisez) J'impose une limite de 40 lignes maximum, 30 minimum .
Bonne chance à tous!!!!! cheers

_________________
"Si vos parents aiment ce que vous faites c'est que c'est de la merde."
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"L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui!"
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"La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre, c’est l’humour."
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Akira
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime1/21/2012, 23:02

Je ne sais pas si ça convient mais voilà toujours Smile.

Osmose.
Je me souvient de tout...de lui. Nous sommes rentrés dans sa chambre, celle qu'il réserve à ses conquêtes me dit-il, celle qu'il affecte. Sur le lit étendue l'un contre l'autre, présente dans l'action et pourtant je me souviens de chaque détail de la chambre. Je m'en souviens parce qu'elle était l'âme de son propriétaire, tout dans cette pièce me le rappelle. Cette chambre ronde, comme pour la rondeur de son âme, son ouverture, son esprit, couverte de la façon la plus pure que l'on puisse. Les murs, couvert de peinture à l'air abstrait, mimant tant de réflexion et de chaos. Des couleurs alliant toute la palette des blancs et des noirs, allant du blanc le plus pure, jusqu'au noirs le plus profonds. Les murs, les seuls consistances de la pièce. Le plafond, tout de verre, avec pour seul paysage la voûte céleste, le ciel était beau cette nuit. Le sol, s'ouvrant sur un trou béant qui ne semblait pas avoir de fin. Dans cette pièce si étrange qui semblait tenir le ciel et la terre séparé, comme deux divinités qui regarderaient un amours impossible se faire. La chaleur de son corps, je le sentais en moi et pourtant j'avais l'impression d'être en lui. Oh qu'elle étrange sensation! Dans ce lit si carré, contrastant avec la rondeur de cette pièce, j'ai aimé, pour la première fois. J'ai aimé, mais pas avec la grâce d'une femme, non, avec la force et la virilité d'un homme, comme si en pénétrant dans cette pièce j'étais entrée dans son âme, dans son être. Je me faisait pilier, comme ceux qui liaient le lit à la terre et au ciel. Je me faisais l'arbre, voulant atteindre le ciel qu'il m'offrait. Je devenais l'acajou du lit, doublant d'effort pour être digne de recevoir son poids. Un bois si raffiné que je ne me sentais pas à la hauteur de lui ressemblait.
Il était la douceur des draps de velours. Le bordeaux de ces draps, comme voulant vous faire goûter à l'ivresse de son corps. Il était petit félin, daignant vous faire partager les plaisirs de sa noblesse, partageant avec vous sa grâce, comme les motifs qui ornait la porte de cerisier. Si beau et pourtant si insaisissable. Ci et là, on pouvait voir des volutes de fumées s'échappant des bâtons d'encens disposé sur de petites vasques de marbre. De l'eau coulait de deux grands bonsaïs, comme il coulait sur mon corps, comme il devenait mon sang, la substance de mon âme. Je devenais la chambre, lui devenait le rêveur enfiévré, l'âme de cette pièce, mon âme. Il était ma volonté, comme si toute ma ferveur, toute ma passion avait fondu, j'étais à lui. Dans ce disque, nous étions deux amants s'unissant sous le regards impérieux de Gaïa et d'Ouranos, n'attendant que la désunion de nos deux corps, jaloux de ne pouvoir plus s'aimer. Lui, comme enfant maudit, la force de la terre et la grâce de l'air ne pouvant aimer qu'une nuit durant. Et au centre de cette pièce si ronde, au centre de ce lit si droit, moi le portant, lui allongé tout du long, les dieux ne pouvaient qu'observer la perfection de leurs arts. Ayant aimé si souvent mais si peu, ayant joué avec tant de fougue me voilà pris par le jeu dont je connais pourtant toutes les règles, me voilà devenus chacun des amants épris que j'ai usé puis jeté avec tant de force. Me voilà devenu ces arbres qui ornent la pièce. Solide et souffrant, figé dans l'instant présent, profitant du moindre souffle pour se mouvoir, pour se rafraichir et vivre. Lui, les volutes de fumées que l'encens laissait s'échapper. Volutes se glissant entre mes feuilles. Lorsque le jour s'est levé, lorsque cette aube maudite est venu, la chambre, ce retrouva si éclairé que le félin avait fui, que l'eau s'était faites silencieuse, que la fumée n'était plus. Seule, dans ce lit si grand, dans cette pièce si écrasante, comme entre deux mondes, comme perdue dans l'immensité de l'univers. Perdue, comme pour affirmer ma défaite, je m'étais donné, il n'avait rien pris. Je m'étais dépourvue de ma volonté, de mon amour et de mon cœur, il n'en voulait pas. Je le savais, la chambre toute entière le rappelais. La nudité de cette chambre si expressif, là où il donnait sans vouloir recevoir, comme par peur de voir cette pièce s'encombrer d'impureté. Et l'on comprenait et je l'aimerais, toujours, en sachant que lui ne voudrait pas. Je n'avais jamais vu une telle pièce, je l'avais entrevue, comme dans un songe. Lorsque je l'ai quitté, je me suis assuré de ne jamais l'oublier, la pièce que je ne reverrais jamais, et me voilà, languissant d'une perfection aperçue, d'un paradis perdue....

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Si je suis ce que je suis aujourd'hui, c'est parce que je suis seul et que je hais.
Émile Zola.
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/17/2012, 01:44

Bonjour je suis nouvelle, je me suis présentée Smile

Je tiens à dire combien je trouve ton texte beau et touchant avant de commencer Very Happy

Je souhaite voir ce que je peux donner face à un défis hihihihi Very Happy c'est partiiiii!



Blanc, tout n'était que pâleur aveuglante, une lumière entêtante s'infiltrait gaiement par le mur vitré; une pièce simple, sobre, dépourvu de quelconque personnalité, à se demander même si elle appartenait réellement à quelqu'un et pourtant, pourtant il se trouvait à mes côtés, étrangement il conservait un calme grandiloquent pour n'avoir jamais fait pénétrer personne en son entre; et j'observais ahurie le spectacle qui s'offrait à moi. Le murmure d'une fontaine m'avait inéluctablement attiré ici afin de la découvrir aussi seule qu'un orphelin au milieu d'un désert. Pas de lit, pas de bureau ni de chaise où s’asseoir, rien d'autre que cette unique et majestueuse fontaine bruissant impassible comme le temps qui s'égrène petit à petit en un flot infini. Il s'avança à pas de loup vers son trésors, y posa de façon délicate sa douce main virile et ferma les yeux. Le silence envahit l'espace, écrasant, suffocant, mais aussi curieux que cela puisse paraître, de ses fresques, la belle déesse aux yeux clos délivrait toujours son eau pur. C'est alors que la magnifique statut ouvrit les yeux, me souris, leva les bras au ciel après une étreinte langoureuse avec son maître, et opéra un fabuleux changement...
Je fus transpercé de part en part, des milliers de regards me scrutaient, je compris alors combien mes fausses croyances étaient stupides, l'amour d'un être humain ne pouvait égaler celle d'une telle créature, l'instant singulier où nous nous trouvions prit une connotation particulière, je ne voulais plus me trouver ici, je n'aspirais qu'à m'échapper de ce piège délicieux, où de son étau l'être me conduit sur des draps de soie aussi lisse que l'était son visage d'ange. Je refusais de laisser mon âme se faire séduire, s'abandonner si vite et si puissamment qu'il entreprenait. Les branches du résinifères au-dessus de nous laissaient tomber comme des pétales de roses sur nos deux corps enfiévrés comme les flatteries du terrible séducteur, il était partout à la fois, la porte ouverte de son esprit, je glissais en un profond abysse, et je décelais tout de lui, je me noyais en un torrent de pouvoir inimaginable où la force n'existait pas plus que la terre, l'eau, l'air, le ciel, l'univers, rien, rien n'existait à part lui, lui tout entier, puis moi, mes cheveux sur on épaule comme nos habits sur les racines noueuses de l'immense arbre formant ce cocon de couvertures et de délicatesses qui protégeait si bien notre échange. Les longues caresses mielleuses me tiraillaient l'esprit comme des milliards de couteaux piquant ma chair à nu, chaque gestes m'arracher un peu de moi, si bien que j'en vint à m'oublier, moi, mon passé, mon présent, mes sens, mes souhaits, il n'y avait place que pour lui, ses désirs, et ils devinrent très vite les miens. Les battements de nos coeurs tin-tinrent à l'unisson, les tempes bourdonnantes, les oreilles sifflantes, le sol se couvrit de fleurs au rythme de son excitation.
Les forces me laissèrent à la lisière de la conscience, j’oscillais abruptement entre rêve et imaginaire, le sens quittait toute chose, et je rageais, rageais d'avoir sentis cette force violente et robuste d'un homme ou d'un demi dieu qui sous mon poids m'avait pris tout ce que je pouvais donner. La femme que j'étais fus balayé comme une vulgaire brindille. Les noms m'échappaient, les raisons me quittaient, ses prunelles orangés, rappelant l'étoffe, me consumaient à la manière d'un effroyable brasier. Les lustres scintillaient menaçant aussi fort que ses charmes herculéens, mes soupirs se mêlaient aux siens, le parfum des fleurs s'élevaient au son de nos jouissances. J'eu aimé oui aimé une fois, un être surnaturel qui à l'aube hélas s'évanouit en un tourbillon de plumes.
L'odeur de cet ultime rencontre habite encore mes souvenirs, je me complais à faire resurgir cette réminiscence qui jamais ne parti, il a fait ce que je suis aujourd'hui, chaque parcelle de mon corps cris encore à le revoir pour une dernière revanche, récupérer ce qu'il m'a si bien voler et retrouver ce bonheur éphémère si intense d'une nuit de lune en compagnie d'un séraphin espéré.
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/18/2012, 15:58

Il fait sombre. C'est calme. Je suis dans ma chambre, mon antre. Un refuge dans un moment nocturne. Seul. Comme tout lieu, on y décèle les emprunte d'un souvenir. Celui d'une vie dont le feu brûlais ici. Régulièrement celle-ci revient, brièvement. Voyant ce qu'elle a laisser en suspens, ce qu'il lui reste à faire. Les promesses qu'elle s'est faites, mais repousse à un plus tard qui ne lui semble que plus lointain chaque jour. Des choses en balayent d'autres. De nouvelles responsabilités, de nouvelles préoccupations, de nouveaux loisir. C'est la fin d'une enfance qui ne veut mourir. Il faut rattraper le train, qui file ; file sans attendre qui que ce soit. Attendre d'être monté pour jeter en arrière un bref regard mélancolique. C'est un renoncement. Qui se veut fertile, nécessaire. La nostalgie est un souvenir qu'on emporte. Qu'on garde dans le creux de sa main. Dans cette pièce ; c'est la chaleur d'un passé que l'on trouve. Des livres qui s'amoncelle. Demande qu'on les ouvre, pour répandre l'odeur de livres neuf pour certains, et de vieux livres pour d'autres, qui se demande encore quel est ce nouveau maître qui n'ose les toucher. C'est ici que les idées tourbillonnes. Que les touches font leur bruit frénétique. Un peu de musique. C'est un environnement provisoire. Celui d'un texte écrit dans un chez-soi en quelque sorte étranger.
Matin. La maison s'éveille. Le calme a cédé la place aux bruits. Musique, discussions, bruits de pas ; étouffés. Qui annonce la fin d'une nuit. Pas de lumière qui passe par la fenêtre aux volets fermés. Une envie. De poursuivre un sommeil. Dans le noir timidement, je pianote un texte sur un clavier qui ne demande qu'à être usée. Foulée par mes doigts. Le travail patiente, trépigne. Possessif et capricieux. Qui veut qu'on s'inonde de lumière, se douche et s'habille promptement. L’oisiveté est son ennemi, pas le votre. Vous le lui rappeler. Lui capricieux, n'en a que faire. Tout comme un voisin de pallier enquiquinant ; on lui souris. Ferme la porte ostensiblement la porte, avec un sourire ostentatoire. Ce n'est pas ici qu'on le laisseras pénétrer. Mais que faire, sinon ce que ce dernier ordonne? Des livres dorment, dans un sommeil qu'ils se résignent à penser éternelle. Un peu de rangement? Le désordre ne gêne que ceux qui sortent de leur lit. Pourquoi pas s'enfoncer dans les draps ? Penser à un ailleurs, un autre temps, un autre moment ? Un passé, un futur? Une fiction qu'on invente? Pourquoi pas. Le vécu est une couverture. Le futur peut glacer le sang, anxiogène, comme enthousiasmer. Le passé peut être souffrance, bonheur, nostalgie d'une perte, ou la flamme en partie étouffé d'un espoir qui perdure.
Vécu. Chape de plomb, ou brise légère qui rafraîchit ? Sera-t-il le moteur d'un quelque chose ; ou le linceul de l'action? Contemplation infertile ; ou source d'inspiration? Pour l'instant c'est le terreau d'un art. Celui de mettre des mots bouts à bouts et d'appeler cela des phrases. Est-ce beau, bien dit, bien écrit ?
On dirait un marié soucieux, qui se prépare pour l'autel. Se demandant si son nœud papillon est bien noué ; où se trouve la bague, où se trouve son texte, où se trouve ses lunettes, où se trouve son nez pour poser celles-ci. Paniquant face à une inspiration à qui il souhaite mettre la bague au doigt. Celle-ci s'essouffle à traîner sa longue robe de mots qui l'habille. Une trentaine de ligne ? Qui est-ce que ce prêtre sadique qui mène cette cérémonie à la baguette ? Elle reprend sa respiration, et vient chercher sa propriété. Son tendre auteur, encore la plume à la main ; qui se laisse emporter penaud, sans se défendre face à cette furibonde. Il est temps de passer à une suite.
Le futur annonce-t-il un conte de fée ? Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de textes?
Pour l'instant, ils s'ébattent. Dansent leur amour spirituel, se marchant maladroitement l'un l'autre sur les pieds dans le noir d'une chambre aux volets fermés. Bientôt, ils pourront s'émouvoir dans une plus grande demeure. Il faut juste que le fruit de leur travail le leur permette.
Travail ? Il frappe à la porte. Impose la séparation, la fin d'une lune de miel. On le fait rentrer, inévitable; avec sa tête patibulaire, sa fausse bonhomie, et son air comptable. Réclamant l'impôt du bonheur. Pour toute réponse, il reçoit un coup de pied à l'entre-jambe, qui marque le début de l'escapade amoureuse d'une plume, et de la main qui la tient.




J'ai lu les deux autres textes postés sur le sujet. Ils sont magnifique =o
Désolé si je sait pas quoi dire d'autre x.x
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/19/2012, 14:45

J'ai beaucoup aimée vos texte^^

Je crains de ne pouvoir faire d'aussi beau texte, mais bon je vais tout de même relever le défis...tant pis si je ne suis pas aussi talentueuse que certain :


C'était une vielle chambre poussiéreuse, sous les combles, éclairées par une unique fenêtre au verre jaunis par le temps. La rare lumière qui pénétrait mettait en avant des grains de poussière scintillant qui dansait joyeusement à travers la pièce en s'amusant à recouvrir tout les vieux jouets cassé qui y reposait. La moquette était couverte de cette poussière grise, de telle sorte que l'on ne pouvait même plus deviner le vert foncés qui lui servait autrefois de couleur. C'était une moquette miteuse, infestée de petite bette, une moquette qui était sans cesse traversés par des araignées noire, énorme, qui travaillait nuit et jour a rendre plus pitoyable encore la malheureuse pièce en recouvrant les meubles de leur toiles magnifiquement ouvragées. Sur le coté il y avait des meubles, des coffres et de portes manteau en bois qui autrefois avait du coûter une petite fortune au propriétaire de la chambres. Aujourd'hui il se tenait tristement, couvert de poussière et de jouet aux allures tristes, qui avait autrefois fait le bonheur de petit et grand, offert à Noël ou dérober à un camarade de classe innocent, leur passée et arrivée diverse n'avait aujourd'hui aucune importance, étant donné que plus jamais ils ne feraient rire d'enfant, les anciens couples de poupées formées par des petites filles à l'imaginaire romantique était maintenant brisée, car, lorsque les petites avaient quittées leur chambre, elles étaient grandes et avait oubliés tout les amoureux qui se regardait tristement, l'un sur une commode et l'autre sur un coffre. Le petites poupées en porcelaines, bien rangées sur une étagères, n'avaient même pas été disposée par affinités. Ainsi le méchante Candy tourmenterait la pauvre Caroline pour le restant de l'éternité, le cheval de bois n'embrasserait plus jamais la licorne à bascule qui avait été jetée dans le coffre, le Clown, coupable d'avoir donné des cauchemars aux anciennes propriétaires de la chambre, purgeait sa peine enfermée dans la commode de la cadette qui le détestait particulièrement. Et tous, amant et ennemies était couvert d'une fine couche de poussière...Et il priait chaque jour que quelqu'un viennent les chercher, les délivrer de cette prison de poussière. Mais jamais personne ne vint. Personne? Si, en fait, un jour un valeureux incendie brûla la maison, tous périrent, que ce soit le petit garçons qui jouait aux jeux vidéos de la chambre d'en bas en délaissant les jouets qui se languissaient un étage plus haut, ou les cruels parents qui jamais ne vinrent chercher les jouets pour leur offrir une seconde jeunesse en les offrants à quelques associations humanitaires. Meubles, humains, chat, araignées, jouet et poussière, tous finirent consumé par les flammes. Et à travers la fumée qui emplissait la chambre, à travers les flammes qui dévoraient les meubles et les souvenirs, les jouets sourirent.
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/19/2012, 18:02


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Jamais cette chambre pleine ne lui avait semblé si vide. Un abysse s’étendait à ses pieds, prisonnier de quatre murs misérables ; un abysse que rien ne pouvait combler. Pas même ce fatras d’objets qui s’était emparé des lieux trop librement ces dernières années. Les livres les premiers, en grands colonisateurs ils se retrouvaient honteusement abandonnés sur chaque coin de meubles, des magazines trop feuilletés ayant glissé jusque sous le lit aux manuscrits les plus préservés soigneusement rangés sur les étagères. Une bien curieuse collection de couvertures en tous genres et de toutes couleurs, autant de portes vers l’imaginaire ; elle n’en garderait aucun. Ce n’était désormais plus que de la vieille paperasse, du nid à poussière. Tout comme ces peluches qui étaient demeurées plus sagement sur le lit. Une véritable ménagerie de poils et de coton qui la défiait de ses nombreux yeux en plastique d’ouvrir le sac poubelle. Il y avait là de quoi ravir un orphelinat tout entier, une occasion en or de donner du bonheur à de pauvres gosses.
Elle n’en avait plus. On lui avait fauché le sien. Alors ça n’avait plus d’importance. Elle pouvait bien tout jeter maintenant. Plus rien ne servirait. Ni les livres, ni les peluches. Les vêtements avec. Ceux qui étaient encore dans l’armoire et qui patientaient depuis des mois que quelqu’un vienne les chercher. Elle était là pour ça. Pour tout emporter. Les chaussettes, les tee-shirts, les pantalons, la moindre fripe…cette petite robe à l’éclatante couleur jaune qui demeurait sur le dossier de la chaise de bureau. Ce vilain caprice qui s’étalait outrageusement sous son nez, se moquant de sa détresse. Celle là finirait la première dans le sac poubelle sans aucun doute, rapidement suivie. Après tout il restait aussi les affiches fixées sur les murs, les photos. Ce n’était que du papier glacé à décoller. De l’artificiel qui n’apportait rien, de curieux totems pour tenir au loin les cauchemars et les monstres de l’armoire ; mais ces héros de dessins animés ne la consolaient pas aujourd’hui. Leurs sourires larges et éclatants lui paraissaient bien dérisoires et ces scènes immortalisées où sa fille s’affichait partout rayonnante enserraient son cœur d’une violente étreinte. Là, c’était sa première rentrée et ses premières rencontres, ici, son septième anniversaire fêté chez les grands-parents en grande pompe, ici encore, une de ses dernières courses qu’elle avait manqué de remporter… Et le portrait de famille, si détonant dans cette réalité. Qui avait volé leurs sourires, qui avait pris leur bonheur ? Une ordure gorgée d’alcool dans sa boîte en fer rouillée. Lui seul avait fait de cette chambre un désert où elle n’avait pas osé revenir pendant des mois, restant devant la porte close sans plus savoir comment actionner une poignée. Sans plus savoir comment vivre.
Il fallait jeter tous les meubles, elle se décida brutalement. Le lit, d’abord, ce petit lit en sapin dont la couverture ne présentait aucun plis, propre et blanche. Ce lit qui se serrait dans son petit coin timidement et sur lequel son regard ne pouvait que revenir, inlassablement. L’imposante armoire normande, à jeter. A détruire. A fracasser ces étagères qu’elle avait pris soin de fixer à bonne hauteur sur chaque mur, sur lesquelles s’accumulaient la poussière et les ombres. Les regrets. Et les placards qui regorgeaient de jouets, de poupées, de constructions, d’ébauches de rêve inachevées. A évacuer. A chasser. Le bureau de bois tendre aussi, elle devait y songer, vider les tiroirs grinçants de ces dessins de famille, ces dizaines de crayons orphelins de mines et ces affaires scolaires entassées dans des classeurs désarticulés.
Elle ne voulait plus rien voir. A la poubelle les souvenirs, à la poubelle dix ans d’une existence qui avait palpité entre ces murs, s’était épanouie pour disparaître. Tout ça n’avait été qu’une erreur bien regrettable. Il fallait se débarrasser de ce cadavre pesant du bonheur. Et si le courage manquait, il lui suffisait d’ouvrir la fenêtre, ouvrir et tout jeter par-dessus bord : les meubles, les vêtements, les jouets, les éclats d’amour, les fantômes.
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/20/2012, 12:01

Au cas où cela ne serait pas clair, un petit extrait du règlement des défis:

"Règle n°3 :
La rubrique défi se compose de deux parties:
*"Défis" , comprenant le défi, suivi des textes des différents participants
*"Votes", comprenant le sondage,suivi des commentaires."

Comme pour les textes, vous devez commenter les défis dans la partie dédiée. (Désolé de m'énerver, mais j'en ai un peu marre de le répéter à chaque fois, merci de lire le règlement)


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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime5/20/2012, 18:28

Bagdad. Ou le World Trade Center. J’hésite. Non, en fait, je sais. Tchernobyl.
Quelle ville décrirait mieux le chaos de cette chambre que celle de Tchernobyl ?

Sur votre gauche, le néant, sur votre droite, le néant, devant vous, le néant, derrière vous, le néant. Bienvenue à Tchernobyl !

Un flash d’appareil photo, et le rendu serait parfait. Exquis, même.
En réalité, ce n’est peut-être pas aussi dangereux qu’à Tchernobyl — quoique… Le tas de chaussettes orphelines qui s’entasse sous le lit commence à prendre une odeur toute aussi délicate qu’un lac de souffre. On dirait même que des gaz semblables s’en échappent … Charmant.

Il s’agit avant tout de vous frayer un passage dans le trou noir ambiant. Ne pas sentir où, et surtout sur quoi on marche, apparaît comme assez désagréable, mais vous allez vite vous y habituer. Attention, il y a un ordinateur portable sous ce tapis, prenez garde à ne pas marchez dessus. Le dernier à l’avoir fait s’en souvient encore … Les lieux ne sont pas très sûrs, vous savez. Des bêtes rôdent.

Là, il faudrait montrer les peluches amputées, éborgnées, et décharnées, sur le lit. Ou ce qu’il en reste. Un œil pendrait de la tête d’un ours, suspendu à un fil invisible. Le chat bleu serait atteint d’une transformation génétique due à l’air ambiant.

Je vous rappelle de ne pas retirer vos masques. La pollution de l’air pourrait vous être fatale !

Sur la gauche trois Barbie, ou plutôt trois cadavres en décomposition de Barbie, rappelleraient l’avertissement. Pointer du doigt la tête démembrée du corps. La jambe arrachée. Les cheveux littéralement explosés. La vieille tête à coiffer, de l’autre côté, presque chauve, ferait pousser des cris d’horreur aux jeunes filles, qui y verraient l’apparition d’une revenante. Il est vrai que son maquillage douteux porte à confusion.

Ne vous asseyez nulle part, surtout ! Tout est susceptible de contenir des objets dangereux et contaminés.

Le pouffe par terre, couvert d’une poussière assez répugnante, ferait l’objet de toutes les attentions. Flash. Une gamine donnerait un coup de pied dedans...
Et il se déchire sans peine, comme s’il n’attendait que cela depuis des années. Des milliers de micro-billes roulent et s'éparpillent sur un plancher que l’on devine sous la masse d’objets et de vêtements...

ATTENTION ! COURREZ ! VITE !

Tout le monde court, le chaos régnant devient une apocalypse. Une fin du monde. Il faut fuir, vite, loin, le plus loin possible. Dans la cuisine. Et là, le pire de tout. On y rencontre le mal en personne. Un monstre sanguinaire, qui n’a qu’une même et unique phrase à la bouche et ne peut comprendre pourquoi. Pourquoi nous devons refuser de nous soumettre à lui. Au Mal. A Maman.
- C’est bon, t'as rangé ta chambre ?
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MessageSujet: Re: 9 [Chambre]   9 [Chambre] I_icon_minitime

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